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Récit de course – Triathlon du lac d’Annecy (juin 2017)

30 décembre 2017

Deux ans après avoir participé à mon premier triathlon S, me voici donc lancée sur le format olympique, par pur challenge personnel. Pour rappel un triathlon M c’est 1,5 km de natation, 40 km de vélo et 10 km de course à pied.

J’ai naturellement choisi le triathlon du lac d’Annecy. Le cadre est vraiment parfait, et il y a environ 1200 participants, ce qui diminue mes chances d’arriver dernière ! 🙂 Par contre la partie vélo est difficile, avec environ 825 mètres de dénivelé positif, ce qui n’est pas rien quand on est nulle en vélo !

Mon entrainement


J’ai suivi rigoureusement ce plan d’entrainement, élaboré par le club organisateur du triathlon d’Annecy, et que j’ai trouvé sur internet. Il se déroule sur 6 semaines, mais j’ai commencé 2 semaines plus tôt pour gagner plus en confiance.

A ce plan d’entrainement, j’ai ajouté 1 séance par semaine de PPG (Préparation Physique Générale), ainsi qu’une séance de natation de 45 min à 1h en piscine.

Globalement, une semaine type ressemblait à cela :

  • Lundi : repos ou roller
  • Mardi : natation en piscine (45 min à 1h) avec nages complètes et exercices éducatifs (pull buoy, planches, palmes) durant les 5-6 premières semaines, puis nage relax en lac vers les deux dernières semaines (environ 30 min).
  • Mercredi : vélo. Sorties soit en endurance, soit en fractionné d’environ 1h-1h30.
  • Jeudi : course à pied. Sortie soit en endurance, soit fractionné, d’environ 50 min.
  • Jeudi ou vendredi : séance de PPG. Effectuées soit à la suite de la séance course à pied du jeudi (environ 20 min dans ce cas), soit le vendredi (environ 40 min avec l’échauffement).
  • Samedi : repos
  • Dimanche : sorties longues avec enchaînements d’environ 2h30-3h (vélo + course à pied, natation + vélo ou les trois). Je n’ai réussi qu’une fois à enchaîner les trois (cela demande beaucoup de logistique…)

J’ai beaucoup aimé ce plan d’entrainement, qui fait travailler à la fois l’endurance et la vitesse. Le fait de passer d’un sport à l’autre permet de ne pas se lasser et de travailler des muscles différents à chaque fois. Ce programme est quand même exigeant physiquement et demande pas mal d’énergie. S’entrainer à un triathlon demande également de dégager beaucoup de temps pour s’entrainer (les sorties longues du week-end me prenaient jusqu’à 3h30 avec la logistique).

Niveau de confiance à la fin de l’entrainement

Natation : j’adore nager mais je partais de zéro. La brasse je maitrise, mais le crawl c’est une autre histoire. L’année dernière, impossible de nager le crawl pendant 25m sans être à bout de souffle. J’ai pris un cours particulier l’été dernier, ainsi que des cours en club pendant toute l’année scolaire, à raison d’une fois par semaine, ce qui m’a bien aidé à progresser. Aujourd’hui j’enchaine les longueurs sans problème, et je peux nager plus d’une demi-heure en lac en crawl sans m’essouffler.

Vélo : c’est clairement mon point faible. J’adore pédaler, la sensation de vitesse, les paysages… mais je suis une vraie tortue. Au vu des 820m de D+ qui m’attendent, j’ai essayé de m’entrainer au maximum sur des terrains vallonnées, de faire quelques cols et de repérer plusieurs fois le parcours du triathlon. J’ai la sensation d’avoir progresser, mais je sais que je suis lente comparée aux autres.

Course à pied : mon sport de prédilection ! Malheureusement celui-ci arrive à la fin, et pour l’avoir testé plusieurs fois à l’entrainement, après 45 km de vélo, t’as l’impression que tes jambes pèsent une tonne et t’as juste hâte d’en finir.

A lire aussi : Compte-rendu de course – Triathlon S du Mont-Blanc

Récit de course


En cet énième jour de canicule, rendez-vous ce dimanche matin à 9h sur le village du triathlon à Annecy. Mon papa m’accompagne. Je récupère mon dossard et je vais m’installer tranquillement dans le parc à vélo.  J’observe un peu les autres et je me dis encore une fois qu’il y a l’air d’avoir du niveau, mais cette fois-ci je me sens plus sure de moi.

J’installe au mieux mes petites affaires, en essayant de les ranger dans l’ordre dans lequel j’en aurais besoin, je me tartine de crème solaire indice 50+ kids extra résistante à l’eau, je bois un coup, et c’est parti pour se rendre au départ de la natation qui se situe à 10 min à pied.

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La natation

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L’eau étant à 24.4°, la combinaison est interdite. Cela a l’air d’en faire paniquer beaucoup, moi je m’en fiche car de toute façon je ne possède pas de combinaison… La ligne de départ des femmes est séparée de celle des hommes, je me place donc à l’extrémité gauche pour éviter un peu la foule, quitte à faire un peu plus de mètres pour contourner la bouée au large.

Le départ est lancé. Je commence en brasse afin de prendre mes marques et ne pas trop m’essouffler dès le début. Evidemment c’est le bordel, personne ne part au même rythme et tout le monde se rentre dedans. Je passe quelques minutes à m’extraire de l’agitation sans paniquer et j’essaye de me placer le plus sur le côté possible, afin de n’avoir personne qui nage à ma gauche. J’alterne entre brasse et crawl, ce n’est pas évident car impossible de faire 4 mètres sans donner ou recevoir un coup. Je me retrouve plusieurs fois collée à d’autres nageurs mais je fais des grands mouvements pour marquer mon territoire. Au contour de la première bouée on se retrouve avec les hommes, et c’est parti pour une loooongue ligne droite jusqu’au pont des Amours. Je continue d’alterner brasse et crawl à une bonne allure, mais j’ai l’impression que le pont ne se rapproche jamais…

A l’approche du rivage, l’eau devient moins profonde et on a carrément pied. Certaines personnes marchent un peu mais perso je continue à nager tranquillement. On passe sous le pont sous les encouragements des gens et on rentre dans le canal. L’endroit est moins large donc on se retrouve un peu les uns sur les autres, l’eau est vraiment trouble et il y a pleins d’algues qui s’accrochent à moi (beurk…). On arrive en vue de l’arrivée, ou des bénévoles nous aident à sortir de l’eau. Ouf ça c’est fait, en 33 minutes.

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Je cours vers le parc à vélo, je me sèche rapidement, je bois un peu, j’enfile mes chaussures, mon porte dossard, mes lunettes et mon casque et c’est parti !

Le vélo

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C’est parti pour 43 km avec 825 m de D+. Je suis encore toute mouillée donc au frais, et les jambes sont là. On parcours 6 km de plat/vallonnée jusqu’au pied du col de Leschaux, où commence la première ascension de 12 km en pente à 4-5%. J’avance à un bon rythme par rapport à ce que j’ai pu faire à l’entrainement, mais je me fais quand même doubler par des centaines de vélo tout le long du col. J’avais peur de m’ennuyer pendant cette longue montée, mais je m’occupe en observant les gens qui me doublent et en encourageant les (quelques) personnes que je double, du coup les km défilent tous seuls. Je fais attention à bien boire toutes les 10 min, en alternant entre mon bidon d’eau et mon bidon d’eau/jus de pomme/sel car il fait très chaud. Je finis l’ascension du col en 43 min, trop contente car mon record était de 47 min… En haut, 30 secondes de plat et c’est reparti pour une montée beaucoup plus musclée où je suis parfois obligée de me mettre en danseuse. Viens ensuite une bonne descente où j’en profite pour redoubler quelques personnes, puis une autre grosse montée de 10 min (argh), puis à nouveau la descente jusqu’au niveau du lac.  A partir de là je ne connais plus le parcours. Il y a quelques minutes de faux plat montant, puis (encore) une très grosse montée pour retourner sur la route du début du col de tout à l’heure. Les jambes tirent un peu mais je me motive en disant que c’est la dernière. Ensuite, descente, puis plat jusqu’à Annecy. J’en profite pour manger une barre de céréales et une pâte de fruit.

Par contre petit hic, la route n’est pas fermée pour la course donc on se retrouve dans la circulation, ce qui est parfois un peu dangereux entre les gens qui tournent à gauche et à droite sans clignotant, qui freinent, qui ne te laissent pas de place pour passer. Bref je manque de me prendre une voiture qui change de direction sans prévenir et qui pile juste devant moi, heureusement je pose le pied à terre à temps…

Arrivée vers Annecy où les encouragements se font plus nombreux. Je regarde vite ma montre et je vois que si je ne traîne pas, je peux finir en moins de 2h.

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Transition 2

J’enlève mon casque, je finis mon bidon d’eau (2 n’étaient pas de trop car j’ai tout bu et j’ai encore soif…), je m’étire les jambes 2 secondes, et je pars pour la course à pied.

Course à pied

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Très étonnée que mes jambes répondent plutôt bien, contrairement à ce que j’avais pu vivre à l’entrainement. Par contre j’ai l’impression d’avoir 4 points de côté, ce qui est très désagréable et malheureusement cette sensation restera jusqu’à la fin… Je commence à courir à ce que je juge être bonne allure, mais je me fait doubler par pas mal de gens. Tant pis car je ne peux physiquement pas aller plus vite, et de toute façon je suis loin d’être dernière (vous aurez compris que c’était ma hantise !). Le parcours consiste en deux boucles de 5 km, je divise le parcours dans ma tête en 4 (aller de 2,5 km, puis retour, deux fois). Le premier aller/retour passe plutôt bien, même si je me dis que ça va être long.

Je m’arrête boire un coup à 2.5 km puis à 5 km, et je profite des points d’arrosage tout au long du parcours, du coup je passe mes 10 km trempée ! La dernière boucle est très difficile physiquement et mentalement, je suis en mode survie et mes jambes n’avancent plus. Je ralentis un peu l’allure mais je cours quand même. Je décide de ne plus m’arrêter aux ravitaillements de peur de ne pas réussir à repartir derrière. Je me sens un peu bizarre sur ces derniers km, j’ai très chaud mais froid à la fois, j’ai des frissons, comme si j’avais de la fièvre. J’essaye de me distraire en regardant les gens et en me concentrant sur le peu qu’il me reste à parcourir. Au dernier km, en voyant l’arche d’arrivée au bout, j’accélère un peu. Il me reste un semblant d’énergie pour le sprint final, et je passe tout sourire la ligne d’arrivée. Ce fut les 10 km les plus long de ma vie (58 min), mais je n’ai pas marché !

A l’arrivée, je suis littéralement trempée, je n’ai plus de jambes mais je suis trop heureuse d’avoir fini. Je bois 5 verres d’eau, je reprends un peu mes esprits et retrouve mes proches.

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Bilan


C’est marrant car il y a quelques années à la même période, j’étais dans le train pour rentrer à Paris le dimanche soir et j’entendais à côté de moi un groupe de garçons qui parlaient du triathlon d’Annecy auquel ils avaient participé le matin même. Je les ai regardé un peu comme des extra-terrestres, car dans ma tête ce genre de course me paraissaient dingue, inatteignable, impossible…

Après une année à y penser, et des semaines d’entrainement, je suis extrêmement fière d’avoir réussi ce triathlon. J’ai été agréablement surprise par mon temps sur la partie vélo, mais un peu déçue de mon allure de tortue en course à pied.

Globalement c’était moins dur que ce que j’avais imaginé, mais j’ai encore clairement une belle marge de progression ! En tout cas cela restera un très bon souvenir.

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